Malgré les progrès réalisés dans la lutte contre le
VIH/Sida, la situation des femmes enceintes séropositives au Gabon demeure
préoccupante. Chaque année, plusieurs centaines, voire près d’un millier de
femmes découvrent leur statut sérologique au cours de la grossesse. Une réalité
sanitaire qui interpelle et pose avec acuité la question de la prévention de la
transmission du VIH de la mère à l’enfant.
Une prévalence toujours significative
Les données issues des services de consultations prénatales
révèlent que la prévalence du VIH chez les femmes enceintes au Gabon oscille
entre 2 % et 4 %, selon les années et les régions. Ces chiffres signifient
concrètement que, dans certains centres de santé, près de 4 femmes enceintes
sur 100 vivent avec le VIH.
Les disparités régionales restent marquées. Les zones
urbaines, notamment Libreville et Port-Gentil, enregistrent un nombre plus
élevé de cas en raison d’une meilleure couverture du dépistage, tandis que
certaines provinces de l’intérieur affichent parfois des taux plus élevés mais
moins documentés, faute de suivi régulier.
Grossesse et VIH : un double défi
Sans prise en charge, ce risque est élevé. En revanche, un
dépistage précoce et une mise sous traitement antirétroviral permettent de
réduire considérablement la transmission, la ramenant à un niveau très faible.
Le défi réside donc dans l’accès rapide aux soins et l’adhésion au traitement
tout au long de la grossesse.
Le dépistage prénatal, un maillon essentiel
Au Gabon, le dépistage du VIH est intégré aux consultations
prénatales. Toutefois, toutes les femmes enceintes n’y ont pas recours à temps,
certaines arrivant tardivement dans le circuit de soins. D’autres, après un
dépistage positif, se perdent dans le suivi médical, en raison de la
stigmatisation, de la peur du regard social ou de difficultés économiques.
Cette rupture dans la chaîne de soins compromet les efforts
de prévention et expose les nouveau-nés à un risque évitable d’infection.
Stigmatisation et silence autour de la maladie
Au-delà des chiffres, le VIH chez les femmes enceintes reste
entouré de silence. La peur d’être rejetée par le conjoint, la famille ou la
communauté pousse certaines femmes à cacher leur statut, parfois au détriment
de leur santé et de celle de leur enfant.
Cette stigmatisation persistante constitue l’un des
principaux freins à l’élimination de la transmission mère-enfant, pourtant un
objectif affiché des autorités sanitaires.
Un enjeu majeur de santé publique
La situation des femmes enceintes vivant avec le VIH au
Gabon est une véritable sonnette d’alarme. Elle rappelle l’urgence de renforcer
:
Le dépistage systématique et précoce,
L’accompagnement psychosocial des femmes séropositives,
L’accès continu aux traitements antirétroviraux,
Et la sensibilisation des communautés pour lutter contre la
stigmatisation.
Conclusion
Si des avancées notables ont été enregistrées dans la lutte
contre le VIH au Gabon, la persistance d’un nombre important de femmes
enceintes séropositives montre que le combat est loin d’être gagné. Protéger la
mère, c’est aussi protéger l’enfant à naître. Agir maintenant, c’est éviter de
nouvelles infections et garantir un avenir plus sain aux générations futures.
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