Par la Rédaction de Deter’ Woman Magazine
LIBREVILLE – D'une capitale à l'autre en Afrique Centrale, le 8 mars ne raconte pas la même histoire. À Douala ou Brazzaville, les rues explosent de couleurs : le "pagne" est roi et la fête est totale. À Libreville, l'ambiance est plus calme, presque réservée aux bureaux des grandes entreprises et aux associations de femmes influentes. Mais derrière ces deux manières de faire, une réalité demeure : que l'on danse ou que l'on reste dans le silence, trop peu de femmes connaissent encore les lois qui pourraient changer leur vie.
Le choc des styles : Le carnaval contre le bureau
Au Cameroun et au Congo, le 8 mars est une fête populaire immense. C’est un moment de solidarité visuelle forte. Mais une question se pose : une fois que la musique s’arrête, que reste-t-il ?
Au Gabon, la journée est devenue plus "sérieuse", presque trop. Elle semble parfois réservée à une élite, aux femmes qui occupent déjà des postes de direction. La commerçante du marché ou la jeune fille qui lance son petit business dans son quartier se sentent souvent exclues de ces grandes conférences. Pour Deter' Woman, le défi est là : le 8 mars doit appartenir à toutes les femmes, pas seulement à celles qui portent des vestiaires.
L'entrepreneuriat féminin : Un moteur qui cherche sa route
Les femmes africaines sont les championnes du monde de la création d’entreprise, souvent trop informelle. Pourtant, beaucoup restent bloquées à un petit niveau de revenus. Pourquoi ? Parce que la volonté ne suffit pas si l'on ne possède pas les "clés" juridiques.
- Le droit de posséder : Sans titre de propriété (un terrain à son nom), il est presque impossible pour une femme d'obtenir un prêt important à la banque pour agrandir son commerce.
- Le droit d'accès aux marchés : Beaucoup d'entrepreneures ignorent qu'il existe des lois qui facilitent l'accès des petites entreprises aux contrats de l'État.
- Le piège de l'informel : Beaucoup de femmes travaillent "dans l'ombre" par peur des taxes, sans savoir que se légaliser ouvre les portes à des financements et à une protection sociale pour leurs enfants
Passer de la "Femme de courage" à la "Femme de droit"
Pour devenir un média qui compte, Deter’ Woman Magazine soutient que l’avenir de notre économie ne se jouera pas dans les banquets du 8 mars, mais dans l'éducation. Les banques, les assurances et les grandes entreprises ont une responsabilité : elles ne doivent plus seulement offrir des cadeaux une fois par an, mais investir dans la formation juridique et financière des femmes.
Le message est simple : le courage permet de commencer, mais le droit permet de durer et de grandir. Pour ce 8 mars 2026, la vraie victoire serait que chaque femme puisse citer une loi qui protège son travail.
PARTAGER VOTRE AVIS
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment.